11ème jour: 29 Janvier 2008

Notre équipe sur le terrain a passé son dernier jour au camp de Farchana. Les enfants peignent sur les tentes pour le projet Tentes de l’Espoir. C’est triste de voir que les enfants, spontanément, font toujours des dessins de mort et de destruction. Nous disons au-revoir à Fatna dans sa nouvelle maison et jouons notre dernière partie de football avec les enfants.

Réflexion

Envoyé par Tiffany le 29 janvier 2008-01-30

Nous voulons engager tous ceux qui ont suivi i-ACT à prendre du recul et faire une réflexion sur eux-même. Demandez-vous ce que vous faîtes pour aider les gens au Darfour et si vous avez mené à bien les actions du jour. A la suite de ce processus de réflexion sur cette nouvelle série i-ACT de 11 jours et un seul jour restant, j’ai envie de pousser les membres engagés à essayer d’amener plus de gens vers notre action : nos proches, nos amis, nos collègues de travail, nos camarades de classe, nos amis à l’église, nos professeurs, pour qu’ils s’engagent aussi pour le Darfour. Trouvez cinq personnes dans ces cercles et amenez-les à s’engager, prendre le temps et se dépasser pour sauver des vies en 2008. nous avons tous un rôle à jouer et chacun de nous doit porter une partie du fardeau. Après cinq années d’approche du problème et toujours pas d’action sur le terrain, il nous faut voir le problème sous deux angles principaux : la réflexion sur nous-mêmes et la responsabilité.

Plus de tentes

Envoyé par Katie-Jay le 29 janvier 2008

11ème jour

Nous commençons par l’école aujourd’hui. A chaque camp, nous nous sommes arrêtés pour parler avec les professeurs et les élèves de leur vie et du manque de ressources.
Ce n’est pas nécessaire de le leur demander, ils nous disent tous qu’ils n’ont pas de quoi fonder l’espoir que nous nous efforçons d’apporter. Nous distribuons à chaque enfant une petite toile et un crayon et ils commencent à raconter leur histoire.

Il n’y a pas un seul dessin où il n’y ait un fusil ou un homme en tenue de camouflage. Même lorsque je m’approche d’une fille qui a dessiné des tentes du HCR et une femme portant un panier sur la tête, il y a un objet que je n’arrive pas situer et je demande à Bouba de m’aider.
La ligne droite se terminant par un triangle rectangle parfait tracé à la règle et un demi-cercle est finalement un AK-47. Ce sont ses mots, pas les miens.

Ils dessinent tous la même chose : La mort ;le sang ; l’incendie de leurs vies au Darfour. Lorsqu’un génocide commence, il ne finit jamais complètement. Je pense à Saad, le plus jeune enfant de Fatna, qui n’a que 5 ans, ce qui signifie qu’il n’a jamais vécu ailleurs qu’au camp de Farchana.

Il me tient la main alors que nous marchons dans le camp. Si un seul autre enfant essaye de tenir ne serait-ce qu’un doigt de ma main, il se fait chasser d’un œil sombre et la pression sur ma main se fait plus forte.

Aujourd’hui, je réalise combien est difficile pour moi d’aider à produire ces reportages. Je rencontre des gens. Je parle avec eux. Ils parlent avec moi. Toute notre histoire et nos intentions sont concentrées dans le contact visuel et des poignées de main. C’est difficile de capter cela sur une vidéo. Pourtant c’est la partie la plus importante de ma mission ici. Raconter l’histoire des gens que je rencontre. Et pas seulement leurs mots, mais aussi tout ce qu’ils ont en eux. L’odeur qui me pénètre complètement, les couleurs où femmes et enfants se fondent, le son des pas précipités derrière moi suivis de « Okay, okay » !

Il m’est impossible d’exprimer tout ce que je ressens ici. Vous qui lisez ces lignes entendrez des histoires répétées sans fin lorsque je retournerai chez moi à Portland et peut-être comprendrez-vous la signification de tout cela en rassemblant tous les petits morceaux de l’histoire glanés lors d’un repas ou d’une promenade dans un parc.

Mon ami Mike et moi discutons de philosophie et de nature humaine depuis des années. L’un des thèmes récurrents c’est que les mots n’ont aucun sens sinon celui que nous voulons bien leur attribuer.

Ainsi, je vous offre un seul mot qui n’a que le sens que j’essaye de lui donner : ESPOIR.
Ces gens sont dépendants de vous et de moi. Vous pouvez voir cela dans leurs yeux. Bien que vous n’ayez vu que quelques diaporama des nombreuses photos que nous avons prises. Ils ont tous un nom et ils ont tous une histoire. Ils ont tous l’ESPOIR. De revenir à des temps meilleurs et de rentrer au Darfour.

Plus de tentes. Plus de charité. Plus de souffrance.

Il faut que nous fassions plus. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Lorsque j’ai lu le journal d’Anne Frank et que j’ai rédigé un rapport sur le Rwanda, je m’étais dit que je ferais quelque chose si cela devait arriver à nouveau. Et c’est arrivé. C’est là maintenant.

Je vous en prie, aujourd’hui demandez à une nouvelle personne si elle connaît le Darfour. Racontez-lui l’histoire de quelqu’un que vous avez rencontré lors de ce voyage. Commencez par ce que vous connaissez. Chacune de vos actions, chaque minute que vous passez à parler en faveur la Paix au Darfour fera la différence pour Fatma, Saad, Ismail, Moustafa, Guisma, Adef, Fatne, Fatna, Fadila, Mariam, Mohamed, Abdoulhaman, Zaineb, Yakoub, Adam, Asha et Darsalam.

Plus de tentes. Plus de charité. Plus de souffrance.

La Paix, Maintenant ! KTJ

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