Aikram, clic, mode lecture, montrer la photo et cris !

Je me réveille avant la sonnerie de ma montre réglée à 6 h 45. Aujourd’hui, nous allons à Kounougo ! Notre camion est le dernier du convoi se dirigeant vers le camp ; tous les véhicules humanitaires sont pourvus d’une image « pas d’armes », cependant, nous suivons
un pick-up équipé d’une mitrailleuse avec plusieurs soldats. Nous traversons quelques rivières asséchées, au bord desquelles nous voyons des troupeaux d’animaux, et certaines avec de grands trous où les villageois creusent pour trouver de l’eau.

Yakoub and G 2 Avant de pénétrer dans le camp, nous apercevons des enfants jouant au football, le sport universel, mais nous ne pouvons nous arrêter car aujourd’hui nous nous déplaçons en convoi organisé par les autorités locales et du fait d’une insécurité récente dans cette zone.
Premier arrêt : l’autorisation ! Le chef de la sécurité rit et me demande si je veux qu’il aille chercher d’autres autorisations, assembler encore plus de signatures ; je secoue la tête en riant, rassurée par le fait que finalement quelqu’un arrive à rire de tout cela. Notre première mission dans le camp est de trouver Yakoub, l’inspecteur des écoles dans ce camp – beaucoup d’entre vous l’ont déjà rencontré. Après avoir écrit nos noms dans le registre du camp, nous voilà repartis en voiture pour aller à sa recherche…

…attends, arrête, stop ! Le voilà qui arrive ! Gabriel et moi nous sautons de la voiture et notre premier jour au camp de Kounoungo commence. Les enfants commencent à nous entourer presque instantanément et ce n’est qu’au moment où nous nous dépêchons de retourner au bureau de la sécurité qu’ils se séparent de nous. Avec Yakoub nous discutons de la situation dans les camps, ce que vous découvrirez dans la video, et lorsque nous commençons à nous diriger vers la maison du cheikh, j’entends une voix : « Yama, yama, Yama » ; une femme âgée se précipite vers moi en agitant ses bras. Elle vient pour me dire que ses fils sont à Khartoum !

Fatina C’est ainsi que nous entrons dans la vie de Fatina. Elle nous invite alors chez elle. A l’intérieur du mur de pisé est dressée une tent, une cuisine aux murs de pisé et un petit espace ombragé avec un toit de paille. Nous nous assoyons et elle nous présente à sa famille, les filles, les petites-filles, les nièces et les neveux. La plupart sont des femmes et elles sourient lorsque nous leur demandons d’écrire leur nom dans notre carnet. C’est vendredi aujourd’hui et le travail finit tôt pour, hum, tout le monde ( ?), et comme il nous reste peu de temps, nous nous préparons à partir.

Aikram ! Aikram ! Aikram ! Tandis que Gabriel discute avec Asha, l’une des petites-filles de Fatina, âgée de 15 ans, que nous allons mettre en rapport avec une des gens aux Etats-Unis, les enfants se rassemblent autour de moi. Une petite diversion pour Gabriel, qui peut ainsi discuter plus tranquillement, mais pour moi, c’est le meilleur moment de la journée !

shy girl Clic, je prends une photo et, passant en mode lecture sur l’appareil numérique, je montre la photo de la petite fille. Elle crie, couvre sa bouche de la main et est aspirée par la foule. « Aikram, Aikram ! » Je pointe mon appareil sur la fillette au fichu rouge sur la tête, je montre la photo, et à nouveau, ces cris. On la pousse hors du cercle… « Aikram, Aikram » ! tandis que je tourne mon appareil vers un petit garçon, et ce jeu continue pendant un moment. Et même lorsque Gabriel essaye d’attirer mon attention, je ne l’entends pas. Je suis trop absorbée dans ce jeu des photos : clic, mode lecture, montrer la photo et les cris ! On termine avec une photo de tout le monde avec Gabriel et Yakoub.

Voilà mon premier jour dans un camp de réfugiés du Darfour à l’Est du Tchad. Les visages sont bien réels, les rires et les jeux sont les mêmes que ceux des enfants de chez moi. J’ai hâte de retourner au camp demain. Pour écouter d’autres histoires, m’asseoir avec de nouvelles familles, jouer avec les enfants. Cette communauté est la mienne, et aussi la vôtre. Ensemble, nous tous ici et ailleurs dans le monde, nous pouvons resserrer les liens, mettre les gens en relation, donner de l’espoir et nous battre pour ramener la Paix au Darfour.

Solidairement
KTJ

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