Reportage sur le jour n°10

Pour les supporters

Envoyé par Yuen-Lin le 28 janvier 2008-01-29

Chers amis,

Je vous remercie d’être toujours avec nous depuis le début. Je sais par les statistiques faites sur notre site que nous ne touchons pas directement des dizaines de milliers de personnes. Mais en même temps cela me réconforte de savoir que ceux que nous arrivons à toucher – vous – sont les plus importants. Lorsque les amis que nous rencontrons au Tchad disent que leur espoir réside dans la communauté internationale, et souvent les Américains en particulier, ils parlent vraiment de VOUS. Les vrais supporters. Ceux qui ont serré la main de Adam, Adef, Fatna, Guisma, Alhafi et qui ne vont pas abandonner. Ceux qui persévèrent malgré l’échec continuel de ceux qui ont le pouvoir de protéger et de réparer.

Echec n’est pas un mot que les gens aiment entendre, mais je pense que lorsque les enjeux sont si importants, l’honnêteté est quelque chose de crucial. L’honnêteté par rapport aux autres, mais aussi vis à vis de nous-même. Est-ce que nous faisons assez ? Est-ce que nous touchons suffisamment de gens ? Est-ce que nous les touchons juste une fois ou bien réussissons-nous à les amener avec nous sur le long terme ? Avons-nous eu des idées que nous n’avons pas assez prises au sérieux ? Y a-t-il dans l’activisme existant des vides qu’il est important selon nous de remplir ? Est-ce que nos connaissances sur le Darfour et le Soudan sont-elles suffisantes ?

Cela me met mal à l’aise lorsque des gens disent que nos efforts pour mettre fin au génocide au Darfour ne sont pas vains ; qu’au moins nous oeuvrons à quelque chose qui va aider à prévenir le prochain génocide. Désolée, mais je ne suis pas tout à fait prête encore à regarder les choses de cette façon. Nous n’avons pas encore donné notre pleine mesure.

Chers amis, demandons-nous si nous nous mobilisons suffisamment pour le défi à relever. Disons-nous que nous avons des comptes à rendre, comme nous le demandons à nos dirigeants. Faisons des pétitions à notre attention, rallions-nous nous-mêmes de façon à devenir la force anti-génocide la plus efficace que le monde ait jamais connue.
i-ACT, à l’instar de nombreux autres projets, a débuté par de petites actions réalisées par des gens ordinaires comme vous et moi. Nous ne savions pas où cela irait. Nous avons simplement senti que cela avait du sens, et nous savions que si nous ne le faisons pas, qui le ferait ?
Chaque projet peut avoir un impact très important, mais un petit groupe seul peut vraiment faire beaucoup. Imaginons qu’il y ait cent projets conduits exclusivement pour répondre aux espoirs et aux rêves du peuple du Darfour ; personnellement en contact avec les communautés du darfour ; partageant constamment les informations et travaillant ensemble. Je suis certaine que leur impact combiné serait beaucoup plus important que cent fois celui d’un groupe unique.

Si vous souhaitez nous communiquer une idée de projet, si vous démarrez un projet ou si vous en avez déjà un en cours, parlez-nous en en nous envoyant un commentaire ou bien un courrier électronique à community-projects@stopgenocidenow.org. Nous voulons aider à relier les projets entre eux et nous offrons les moyens dont nous disposons pour aider votre action.

Yuen-Lin

Paix au Darfour

Envoyé par Katie-Jay le 28 janvier 2008

… Je relis mon titre de journal.

C’est déprimant… mais c’est pourtant vrai.

Je ne veux pas vous laisser sur cette impression des camps. Est-ce que j’efface tout et je recommence ? Au lieu de cela, je veux vous quitter en vous donnant quelques moments de ma journée qui me font rire et pleurer des larmes de joie, même lorsque j’écris :

Guisma et Alhafi sont toujours là. Comment font-ils à nous trouver si vite ?

Aujourd’hui, les hommes du village ont commencé à construire une maison pour Fatna. Jeremiah et Joss ont rassemblé un petit groupe pour réaliser ce travail. Le vent et la pluie ne pourront plus s’infiltrer à travers ces nouveaux murs. Lorsque nous l’avons vue hier, Fatna souriait d’un grand sourire.

Aujourd’hui j’ai conduit la voiture ! Et je ne me suis pas embourbée dans un oued !

Lorsque le jour touchait à sa fin, j’ai laissé mes sacs, mes appareils et mes bonnes intentions pour travailler, et je suis montée en vitesse sur la colline. Il y avait peut-être 50 gamins qui me suivaient. Puis nous sommes redescendus et sommes repartis de l’autre côté du camp de Farchana. Par les chemins étroits et tortueux. Il y a des femmes qui sourient, qui rient, qui me font un signe de la main. Petite pause. Puis la tête, les épaules, les genoux et les doigts de pied. Puis je pointe du doigt et elles m’imitent. Comme ci ? comme ça ? Comme ça ? Comme ça ? En avant ! Nous repartons à nouveau par de petits chemins, croisons un âne. Ah, un cul-de-sac ! Nous contournons. Ils esquivent à gauche, je fais semblant d’aller à gauche et tourne à droite ! Ah, voici la route principale ! Nous remontons, redescendons, puis nous retournons. A chaque arrêt, nous levons les bras au-dessus de la tête et nous sautons. Ahhhhhhhhh !!!!!!!

Quelle que soit la peine qui remonte à la surface, la joie et les rires sont toujours présents. La résistance de ces gens est incroyable et elle me motive. Leurs espoirs sont aussi importants que les vôtres et les miens. Et du fait que vous lisez ces lignes et regardez leur histoire, ils ne sont pas seuls. Ils remercient chacun d’entre vous de les avoir écoutés et d’agir. Je vous remercie aussi.

Salam, KTJ

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