L’équipe de i-ACT visite le camp de Oure Cassoni en compagnie de Mia Farrow

La journée a commencé à la périphérie du camp dans la zone C où de nombreuses habitations ont été avalées par le sable. Traditionnellement, les populations du Nord du tchad construisent des maisons en pisé, et de ce fait, lorsqu’ils sont arrivés ici, et comme il n’y avait pas assez de tentes et de bâches, les réfugiés ont commencé à utiliser du sable et de l’eau de lavage recyclée pour construire des murs de sable. malheureusement, après un an ou deux, avec le vent et la pluie, les côtés des structures se désagrègent et le sable retourne au désert.

Les enfants ont rapidement entouré Mia alors qu’elle marchait dans les dunes en chantant “You are my sunshine” et “The Ants Going Marching”, que les enfants ont adoré, d’autant qu’ils défilaient aux côtés de Mia en lui tenant les deux mains.

Alors que nous nous dirigions vers l’école, Makka nous a invités dans sa maison et nous a parlé de ses problèmes de bâches. Son habitation avait trois couches de toît, toutes âbimées.  la première était une toile de tente qu’elle avait reçue à son arrivée ici il y a 4 ans. Ensuite elle a tenté d’utiliser les couvertures rèches, dures et qui grattent qu’elle a reçues au camp, puis finalement une bâche plastique recouvrant le tout.
Cette bâche s’est aussi détériorée du fait des difficiles conditions d’ici. Les ONG internationales ne refusent pas de fournir plus de matériel à leurs amis des camps, mais il se trouve qu’il n’y a pas d’argent pour le HCR, le WFP et les autres agences impliquées.  Eux aussi voudraient faire  plus pour les réfugiés.

L’histoire de Makka ressemble à celle de nombreux réfugiés vivant dans le camp. Son mari a été tué dans le village d’où elle s’est enfuie. De même que sa fille et le mari de celle-ci.  Les Janjaweed ont tué toute sa famille, sauf ses quatre petits-enfants, dont elle est seule à pouvoir s’occuper.  2 de ses filles et 2 qu’elle a recueillis et qu’elle a fait siens. Ses rations mensuelles de nourriture ne font pas le mois et de plus, il n’y a pas de légumes ni de viande. Ce mois-ci est le premier depuis plusieurs mois où ils vont recevoir du sel.

Makka et plusieurs autres femmes se rassemblent pour nous dire au revoir.  Elles se trouvent très près du bord des terres où les autres habitations ont été englouties par le sable.  Je me demande combien de temps elles pourront encore rester ici avant de devoir partir et reconstruire leur habitation dans une autre partie du camp et recommencer tout à nouveau.

Alors que que le soleil d’après-midi brûle, Mia passe un moment à discuter avec Mohamed, l’homme qui a souligné les quatre demandes des habitants du Darfour pour le futur du pays. Cette fois il parle également de l’importance du développement au Darfour, écoles, cliniques, etc. et de l’aide pour rebâtir leurs villages.  Nous visitons brièvement la clinique où nous discutons avec la sage-femme en chef, Zahara.  Sept jours sur sept elle aide à accoucher au moins 6 bébés par jour.

Pour terminer notre journée, nous jouons avec les enfants pendant quelques instants.  Ils aiment beaucoup la caméra.  Ils font basculer l’écran LCD pour pouvoir se voir et ils rient en se cachant derrière des soeurs ou des frères.  Leurs sourires seront toujours présents pour toute l’équipe.

7 ème jour

“L’HUMANITE avant la Politique. Pourquoi devrions-nous accorder aux leaders politiques une voix plus importante qu’à Maha? Maha pense que les êtres humains passent avant la politique et que cela devrait être notre priorité. Nos leaders mondiaux devraient s’asseoir autour d’une table. Je dis à mes enfants et à mes petits-enfants: “La Responsabilité vient avec la Connaissance”. Nous savons ce qui se passe au Darfour. Ce qui arrive à Maha et aux habitants du Darfour. et avec la connaissance vient la responsabilité.”

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Reportage sur le jour n°6

“L’HUMANITE avant la Politique. Pourquoi devrions-nous accorder aux leaders politiques une voix plus importante qu’à Maha? Maha pense que les êtres humains passent avant la politique et que cela devrait être notre priorité. Nos leaders mondiaux devraient s’asseoir autour d’une table. Je dis à mes enfants et à mes petits-enfants: “La Responsabilité vient avec la Connaissance”. Nous savons ce qui se passe au Darfour. Ce qui arrive à Maha et aux habitants du Darfour. et avec la connaissance vient la responsabilité.”

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5 ème jour: Le groupe Nobel Women’s Initiative au camp de Oure Cassoni

Gloria White-Hammond présente les membres du groupe Nobel Women’s Initiative, qui a fait le voyage d’Asie en Afrique pour écouter le message des peuples les plus marginalisés du monde. C’est un groupe de femmes qui se battent pour la paix et la justice dans le monde et qui visitent le camp de Oure Cassoni pour entendre les demandes des réfugiés. Elzadin, qui fait partie du comité des Jeunes, parle du gouvernement chinois; “Ils parlent de pétrole et nous parlons de paix”. Mohamed parle avec Gloria et les autres femmes à propos des informations récentes concernant la possibilité d’une mise en accusation du Président Al-Bashir par la CPI. Il dit: “la justice est au-dessus de nous tous. Wangari Maathai, qui a reçu le prix Nobel de la Paix pour ses travaux de reboisement, dit que les Africains doivent acquérir le pouvoir de s’élever contre leurs gouvernements pour les forcer à être plus responsables moralement.

4ème jour : Olympiades et Paix au Darfour

KTJ, Gabriel et Bouba retournent à l’école qu’ils ont visitée hier, avec ses classes faites de bâches et ses maigres ressources. Nous avons parlé avec plusieurs professeurs de la situation au Darfour et ils ont insisté sur la nécessité de Paix, de Protection et de Justice (ou de Punition, comme le projet ENOUGH parle des 3 P). Pour qu’ils puissent retourner au Darfour, les chefs doivent être poursuivis, les Janjaweeds désarmés et le pays protégé pendant une période de réorganisation, de façon à pouvoir supprimer les barrières ethniques et à reconstruire la fraternité et l’amitié au sein de la population.

Garçons et filles de l’école ont joué au basket et ont fait des courses sur le terrain de foot pour les Olympiades du Darfour sponsorisées par “l’Humanité avant la Politique”!

Abakar a fait l’unique panier du jeu et Amira a gagné ses deux courses et a été sacrée championne! Pour leur cérémonie d’ouverture, les filles ont chanté “Salaam, saalam Darfour. Salaam, saalam Darfour”, pour que le jeu et les courses représentent vraiment la paix.

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3ème jour : Canicule

Aujourd’hui c’est le jour le plus chaud dans le camp de Oure Cassoni. Il n’y a pratiquement personne dehors par cette chaleur, même à 9 h du matin. Et même là, les gens ne sortent que pour remplir leurs cruches d’eau et retournent très vite se mettre à l’abri. Nous avons rencontré 15 femmes travaillant dur pour bâtir une école en briques pour remplacer l’école primaire où vont leurs enfants. Derrière leur construction à moitié montée, nous apercevons une douzaine de tentes de fortune montées avec des bâtons et des bâches cousues ensemble. La plupart battent sous le vent, et le sable a commencé à déchirer des pans entiers du toit et des murs. Le terrain de basket est craquelé et la balançoire n’a plus de siège. Le terrain de foot est vide. A la périphérie de Oure Cassoni, on peut voir la dure réalité de la vie dans cet environnement. Le vent soulève le sable à tel point que la seule solution, c’est de construire des murs de fortune autour de votre tente vieille de quatre ans.

Le sable est brûlant et pourtant plus de la moitié des enfants que nous rencontrons n’ont pas de chaussures pour protéger leurs pieds. Même lorsque la saison des pluies règne sur le reste du pays, le camp de Oure Cassoni reste un désert.

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2ème jour : Premier match de foot

Les réfugiés vivant dans le camp Oure Cassoni sont accablés par le sable et la chaleur. Dans la plupart des camps où nous sommes allés, on voit passer des femmes et des enfants qui vaquent à leurs occupations, se rendent visite, s’amusent. Mais ici, à Oure Cassoni, la plupart des réfugiés se terrent dans leurs petits barraquements à l’ombre de structures de fortune assemblées à l’aide de bâtons et de bâche en plastique. Husnan, rencontrée à un point d’eau nous raconte son histoire. Elle s’est enfuie alors que leurs maisons brûlaient et que des centaines de gens s’enfuyaient sur les routes à la frontière avec le Tchad. En même temps que Husnan, nous rencontrons Issa, un écolier de 14 ans et – très important – qui joue au foot ! Il raconte en peinture ses souvenirs du Darfour sur un panneau de tente de Petaluma, Californie, sur lequel un enfant du primaire a transmis ses pensées amicales. Nous avons consacré les derniers instants au camp à jouer au foot avec une équipe de 4 jeunes réfugiés contre nous deux. Malheureusement pour Issa et son équipe, nous avons très vite marqué deux buts et nous avons maintenu ce 2-0 jusqu’à la fin du match !

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1er jour : Retour au Tchad

L’équipe de i-ACT a passé les cinq derniers jours à voyager pour atteindre le camp Oure Cassoni. Il a fallu d’abord 25 heures et 8 heures de décalage horaire pour se rendre à N’Djamena, et ensuite, avec les autorisations en poche et des vols humanitaires, cela a pris encore deux jours pour atteindre Abeche. Après avoir passé la nuit dans la capitale du Tchad de l’est, l’équipe est finalement arrivée au camp Oure Cassoni.

Après avoir atterri, nous avons eu le temps de déposer nos bagages et de rendre visite à nos amis dans les camps avant la tombée de la nuit. Nous avons tout de suite remarqué la sécheresse et la désolation des sites de réfugiés et de ceux des Tchadiens, même en pleine saison des pluies. Quelques brins d’herbe poussent autour de la petite ville de Bahai. Il n’y a pratiquement aucun bois d’allumage ou d’autres broussailles. Nous marchons avec les enfants le long de chemins tortueux et arrivons à un terrain de foot vide. Cette semaine, des athlètes du monde entier arrivent au Village Olympique de Beijing (Pékin) pour les Jeux Olympiques 2008 qui débutent le 8 août. Mais les enfants de ce camp n’auront pas l’occasion de participer à la célébration globale de ce grand Rêve d’un Monde Unique. On les a laissés dehors! Restez avec nous ces prochaines semaines pour suivre les Olympiades du Darfour. Lisez les articles sur le profil des athlètes et rejoignez la communauté des i-ACTivistes.

Pour la famille et les amis

Nous entamons notre deuxième semaine au Tchad et pour la première fois nous ne pourrons peut-être pas visiter un seul camp de réfugiés. Lorsque nous avons quitté le camp de Kounoungo en février dernier, notre ami Yakoub nous a dit que nos visites motivaient vraiment les gens du camp, qui étaient fiers du fait que nous revenions les voir. Cela les rattachait non seulement à nous, mais aussi à toute la communauté de gens qui les soutiennent, aux USA et dans d’autres pays.

Yakoub et les autres réfugiés sont très reconnaissants de l’aide qui leur est apportée pour qu’ils restent vivants, mais de lire les messages, voir les visages et apprendre le nom de ceux qui travaillent chaque jour généreusement pour apporter la paix au Darfour leur apporte un regain d’espoir et d’énergie. Cette “construction de communauté” entre des continents n’a pas de prix. L’équipe de i-ACT reste engagée sur ce point.

Nous sommes actuellement à Abeche, dans l’Est du tchad, bloqués ici par les lourds combats qui se déroulent dans la région. Nous allons continuer à envoyer des reportages sur la situation et l’effet de ces combats sur le travail humanitaire et la vie de centaines de milliers de personnes déplacées. Nous enverrons des vidéos lorsqu’il y aura quelque chose d’intéressant visuellement. Autrement nous continuerons avec notre journal et les reportages et nous répondrons aux commentaires et aux questions que vous enverrez sur notre blog. Cliquer ici pour lire nos reprotages d’Abeche.

Merci pour votre engagement et pour être l’un des visages et des noms que Yakoub est si fier de connaître.

Paix à vous
Gabriel
pour Katie-Jay, Colin et Scott

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Jour n°4

Scott, Colin, KTJ et Gabriel quittent maintenant N’djamena pour partir vers l’est, destination Abeche. Après avoir reçu leurs différentes autorisations, ils ont rencontré les représentants du HCR et ont discuté de la situation actuelle près de la frontière Tchad-Darfour. 5.000 réfugiés environ y ont été installés dans les camps de Kounongo et de Mile, tandis que 5.000 autres environ restent éparpillés dans la zone frontalière. Un grand nombre de ceux qui ont choisi de rester ont pu récupérer du bétail de leur village et leur faire passer la frontière. Certains fréquentent les écoles bâties par JEM. Par ailleurs, des missions du HCR indiquent dans leurs rapports que l’on entend des bombardements dans la région du Darfour.

Après une mise à jour sur la situation, Youssouf apporte à KTJ et Gabriel un matériel maintenant familier : des toiles de tente qui ont été peintes d’un côté par des élèves de l’école primaire de Petaluma en Californie, et de l’autre par des réfugiés du Darfour. Cela faisait partie de leur mission de i-ACT 4 en janvier-février 2008, lorsque l’équipe a été forcée de laisser les toiles de tente au moment de leur évacuation lors de la tentative de coup d’état militaire.

Sur l’un des côtés d’une toile, Ryan a dessiné un soldat tenant un fusil avec un cercle barré d’une ligne indiquant « Pas de guerre ». Sur l’autre côté, Moubarakh, sans aucune aide, veut faire partager son expérience d’une nation ravagée par la guerre et le génocide. Lorsque des hommes sont la cible de massacres et des femmes sont l’objet de viols systématiques. Son dessin montre des avions militaires bombardant des civils innocents et des cavaliers janjaweed brûlant les maisons.

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Jour 3: Mise à jour de la sitiation générale au Tchad

Gabriel, KTJ, Colin et Scott ont terminé leurs préparatifs en vue du voyage vers l’est et ont été heureux d’apprendre qu’ils pourront partir demain. Munis de toutes les autorisations nécessaires, ils partiront pour la plaque tournante orientale – Abeche, avant de descendre vers la ville de Goz Beida qui est tout près des deux gros camps de réfugiés. L’équipe passera la majeure partie de la semaine dans les deux camps, à rencontrer les réfugiés, à écouter leur histoire, à jouer au football et à se faire de nouveaux amis.

A la fin de la journée, l’équipe a rendu visite à Ann, qui est le chef du service des relations extérieures du HCR de N’djamena. Ann, qui a travaillé en étroite relation avec l’équipe de i-ACT ces deux dernières années, leur a fait une analyse approfondie de la situation actuelle dans les camps de réfugiés. Elle a noté à la fois une augmentation du nombre des réfugiés et la stabilité relative que la communauté internationale a pu assurer. Elle a fait part de son expérience seule chez elle au cours de la tentative de coup d’état de février et les séquelles terribles que ces évènements ont laissé chez elle et dans les camps. Enfin, elle leur a donné son état d’esprit personnel, faisant état des sa frustration, mais aussi du grand espoir qui accompagne le travail d’organisation.

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Jour n ° 2: En attente …

Introduction résumée

Scott, Colin, KTJ and Gabriel passent une partie de la journée à attendre les autorisations qui arrivent deux après le départ du vol vers l’Est du pays. Le reste du temps ils envoient des vidéos sur internet, ils cherchent un hébergement pour la nuit et mettent en place un nouveau plan pour joindre nos amis dans les camps.

Introduction complète

L’équipe est pour l’instant dans la capitale du Tchad, à des centaines de kilomètres des réfugiés du Darfour. Scott, Colin, Gabriel et KTJ ont rencontré un certain nombre de problèmes : retard dans les autorisations, vol vers l’Est manqué, pas de chambres à l’hôtel Méridien et des retards pour envoyer la vidéo du jour 1 sur internet (3 essais).

Le groupe attend maintenant des informations de nos amis du HCR de l’ONU concernant le voyage et la situation dans les camps. Pendant que nous attendons patiemment à N’djamena, toutes nos pensées sont pour nos amis réfugiés. Nous espérons – Inch Allah – que nous serons bientôt avec eux. Notre espoir, c’est que notre engagement ici fasse connaître la situation des réfugiés darfouris du Tchad et de ceux qui sont restés au Darfour, et contribue à leur protection. Chaque jour, des gens meurent et il faut que notre engagement à nous tous – la communauté internationale – soit encore plus fort, afin d’assurer que chaque personne ait le droit de vivre et reçoive la protection qui le garantit.

Texte inclus dans la vidéo du jour 2 de i-ACT 5

La responsabilité de protéger les populations contre le génocide, le nettoyage ethnique, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité est un engagement international pris par les gouvernements pour prévenir les grandes crises où qu’elles surviennent. En 2005, les dirigeants des nations du monde ont accepté pour la première fois la règle que les états sont responsables de la protection de leur population et que la communauté internationale a la responsabilité d’agir lorsque ces gouvernements n’assurent pas la protection des plus vulnérables d’entre nous.
La souveraineté des états implique une responsabilité, et la responsabilité première de la protection du peuple incombe à l’état lui-même. Lorsqu’une population est menacée d’un danger sérieux, à la suite d’une guerre civile, d’une insurrection, d’une répression ou d’une vacance de l’état, et que l’état en question refuse ou est incapable d’intervenir pour remédier à la situation, le principe de non-intervention s’efface, au profit d’une responsabilité internationale.

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